vendredi 2 mai 2008

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Il ne fallait pas me résoudre à l'humiliation qui m'aurait fait me lever. Alors assise contre le rebord du lit, j'ai bu l'eau du verre, ou je mis les cinq dernières terribles minutes, les cendres de ma frustration. La même erreur que je fais tant pardonnée à l'autre. Jusque cinq heures du matin la peur d'être humiliée me tenait éveillée, hors mis les cris et les éclats de mes camarades de l'autre chambre. Moi, je restais seule, et ne voulais que m'étrangler de haine pour eux. J'attendais les sept heures du matin, calmement, pouvoir m'enfuir sur la pointe des pieds et préparer ma vengeance à fond psychologique pour celle qui me fit subir ces abominations qui n'en sont pas. Je les entend se disputer l'autre chambre parce que quelqu'un doit me rejoindre. Puis je m'endors avec un mal de tête assommant attendant d'ouïr leur décision. Je reculais depuis les trois heures du matin de quart d'heure en quart d'heure l'heure de mon éveil. D'onze heures trente cela passa à sept heure. D'ou l'envie et l'espoir de patienter assise en buvant les cendres de mes cigarettes et entendant les joies de leur bon temps passé sans moi. Je ne me réveillai seulement au bruit de la sonnette de porte. Je cru à mon rêve, ou un chien que j'avais mordillé trop fort me montrait les crocs -sans doute à cause de l'avant dernier jour passé ou un si gentil que je le traumatisais m'avait laissée perplexe de ses yeux doux sans défense et oreilles recroquevillées, j'avais l'impression qu'il m'attaquerait par surprise - suivit d'un ancien garçon de ma classe de collège, dont j'étais presque amoureuse, me méprisait et sans gène me le montrait à moi, moi qui n'attendais qu'une torture de plus, pour toucher du bout du doigt mes limites, infranchissables car, passée par tellement d'abominations morales, ne voyant pas le bout de ces horribles choses que personne ne connait ni peut expliquer, mon ultra sensible pensée m'en apprit que ce néant comme il l'était n'aboutira pas. Ce n'était qu'en fait la femme de ménage qui réveillait donc mon hôte, vers le midi. Je quittais alors la demeure, passant devant la chambre des trois -aucun ne s'était résigner à me rejoindre- les entendant toujours jacasser.